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Adoption d'un enfant
C. civ. : Art. 343 s.
Cette question concerne l'adoption plénière, qui est
la forme la plus complète d'adoption : l'enfant adopté
perd tout lien avec sa famille d'origine et a le même statut
qu'un enfant légitime : de fait, l'adoption plénière
est irrévocable et définitive.
Qui peut
adopter un enfant ?
Toute personne âgée de
plus de 28 ans :
- soit célibataire
-
soit mariée
: les époux doivent avoir au minimum 2 ans de mariage
s'ils font la demande ensemble, et ne pas être séparés
de corps. Si les 2 époux ont tous les deux plus de 28
ans, il n'y a pas de condition de durée de mariage.
A noter :
La condition d'âge n'est pas exigée en cas d'adoption
de l'enfant du conjoint.
Il faut en outre justifier d'une bonne réputation (enquête
sociale), d'une bonne santé (examen médical) et d'un
bon équilibre psychologique (examen auprès d'un psychologue).
Il est indispensable de remplir ces conditions pour pouvoir adopter
un enfant mais cela ne suffit pas car il existe beaucoup moins d'enfants
à adopter que de couples candidats à l'adoption et
l'écart s'accentue chaque année.
Quel enfant
peut-on adopter ?
Origine :
Les enfants français
adoptables sont très peu nombreux. En effet, ne sont adoptables
que :
- les enfants pour lesquels les père
et mère ou le conseil de famille ont valablement consenti
à l'adoption
- les pupilles de l'État
- les enfants déclarés abandonnés.
La plupart des enfants adoptables sont des enfants étrangers
se trouvant encore dans leur pays d'origine.
À noter :
les conditions ont été assouplies pour l'adoption
plénière. Ainsi l'adoption plénière
de l'enfant du conjoint est possible.
Sexe :
On peut indiquer ses préférences
mais elles ne sont pas forcément prises en compte.
Âge :
-
Pour un enfant français
: au moins 3 mois, au plus 15 ans. (Les enfants âgés
d'au moins 13 ans doivent consentir personnellement à
leur adoption).
-
Pour un enfant étranger
: dès les premiers jours de la naissance.
Si on accepte un enfant relativement âgé, on aura
plus de chances de voir sa candidature retenue (ces enfants
sont plus difficiles à placer que des bébés)
mais il ne faut pas sous-estimer les problèmes d'adaptation.
Cas particuliers
:
Frères et soeurs : on peut aussi envisager d'adopter plusieurs
enfants ensemble, ce qui évite la séparation.
Enfant handicapé : il peut être envisagé dans
certains cas et à condition d'être très motivé.
Où s'adresser pour pouvoir
adopter un enfant ?
- À la Direction
de l'action sociale de l'enfance et de la santé (DASES)
: se renseigner à la préfecture pour en connaître
l'adresse.
- À un organisme
d'adoption privé français ou étranger.
La liste des organismes autorisés pour l'adoption peut
être fournie par la DASES.
Quelle
est la procédure d'adoption ?
Toute adoption, qu'elle passe par un organisme privé français
ou étranger, ou par l'Assistance publique, ne peut se faire
sans l'agrément de la Direction de l'action sociale de l'enfance
et de la santé (DASES).
La demande d'agrément :
La première démarche
est le dépôt d'une demande d'agrément auprès
de la DASES.
Au vu du dossier remis lors
de la demande d'agrément et de l'enquête que la DASES
va effectuer, l'agrément sera accepté (dans la grande
majorité des cas) ou refusé. L'agrément est
valable sur tout le territoire.
A noter : l'agrément est indispensable pour
adopter un pupille de l'état ou un enfant étranger,
mais il n'est pas nécessaire lorsque des liens affectifs
se sont établis entre un enfant confié par le service
de l'action sociale de l'enfance et la personne qui l'a accueilli.
Le dossier
Le dossier présenté
pour la demande d'agrément doit comporter les pièces
justificatives suivantes :
- extrait d'acte de naissance
(du ou des demandeurs)
- extrait d'acte de mariage
- fiche familiale d'état
civil
- extrait de casier judiciaire
- photo du ou des demandeurs
-
certificat
médical datant de moins de trois mois, établi
en vue de l'adoption et comportant une radiographie pulmonaire
-
attestation
favorable délivrée par un psychologue habilité
par la préfecture (on peut choisir son nom sur une liste
de médecins donnée par le Bureau des adoptions)
-
tout
document attestant de ressources suffisantes pour élever
des enfants
-
lettre
de motivation expliquant les raisons pour lesquelles le demandeur
souhaite adopter un enfant.
Si l'on s'est adressé à un organisme privé,
français ou étranger, il faut, en outre, fournir
la réponse favorable de celle-ci.
Dans le cas d'adoption d'un enfant étranger, il faut
adresser à l'organisme autorisé, pour accord du
ministère dans son pays, un double du même dossier.
Toutes les pièces
ci-dessus doivent donc être traduites dans la langue du pays
et authentifiées deux fois :
L'enquête
:
Une fois leur demande enregistrée,
les candidats à l'adoption sont soumis à une enquête
sociale et à des entretiens psychologiques, pour permettre
à la DASES " d'apprécier les conditions d'accueil
que le demandeur est susceptible d'offrir à des enfants sur
le plan familial, éducatif et psychologique ".
Quels sont
les délais ?
Agrément :
Neuf mois au maximum à
compter de la demande. L'agrément est accordé pour
cinq ans, mais la candidature à l'adoption doit être
renouvelée chaque année.
Placement de l'enfant :
Une fois l'agrément obtenu, l'enfant
pourra être accueilli dans un délai variant entre quelques
mois et deux, voire quatre ans.
Dans le cas d'un enfant étranger,
ce délai peut être beaucoup plus court, puisque les
parents adoptifs ont la possibilité de se rendre directement
à l'étranger pour y adopter un enfant selon la loi
locale.
Jugement d'adoption :
Il sera prononcé après
un délai minimal de six mois après l'accueil de l'enfant.
Pour obtenir ce jugement, il faut déposer une requête
au tribunal de grande instance de son domicile.
C'est seulement une fois
que le jugement d'adoption est prononcé que l'adoption est
reconnue. L'enfant acquiert la nationalité et le nom des
parents adoptifs (s'il est étranger, il peut aussi changer
de prénom). Si l'adopté est né à l'étranger,
la décision est inscrite sur les registres du service central
d'état civil du ministère des affaires étrangères,
à Nantes.
Quels sont
les frais ?
- Gratuit pour la France, à l'exception
des honoraires médicaux.
- Pour les pays étrangers : prévoir
les frais de traduction et d'affranchissement ainsi que le prix
d'un voyage dans le pays pour chercher l'enfant.
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